Biodiversité : « Le déclin se poursuit » et la France ne fait (presque) rien

Le vivant s’effondre, et nous regardons ailleurs. Article REPORTERRE

« Le déclin de la biodiversité se poursuit », alerte un rapport du Conseil économique, social et environnemental. Ses auteurs taclent le gouvernement qui n’a « pas pris ses responsabilités » face à l’« urgence ». D’autant que les outils législatifs pour protéger le vivant existent mais ne sont pas appliqués.

« Le dérèglement climatique est entré dans le viseur des responsables politiques, mais la biodiversité est restée sur le bord du chemin », constate, amer, Allain Bougrain-Dubourg, l’un des deux auteurs de l’avis du Cese.

Ce n’est pourtant pas faute d’alertes scientifiques : la sixième extinction de masse est aujourd’hui fort bien documentée. D’après le « Giec de la biodiversité », « environ un million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité ». En France, la population des oiseaux, bon indicateur de l’ensemble de la biodiversité, a chuté en dix ans de 40 % pour les chardonnerets et d’un tiers pour les oiseaux vivant dans des milieux agricoles. Et selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la biodiversité, seulement 20 % des écosystèmes remarquables sont dans un état de conservation favorable.

Ce n’est pas faute non plus d’outils législatifs : la loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », adoptée en août 2016 après deux ans et demi de débats parlementaires, « affichait des objectifs ambitieux et des apports utiles », indique le rapport du Cese. Le texte instaurait notamment un objectif de « zéro perte nette de biodiversité », mettait en place l’obligation d’« éviter, réduire, compenser » les atteintes à l’environnement, et cherchait à clarifier la gouvernance de ces politiques par la création de l’Agence française pour la biodiversité.

Sauf que… Quatre ans après la promulgation de cette loi « historique » – le précédent grand texte pour la nature remontait à 1976 – le Conseil économique social et environnemental « constate que non seulement la « reconquête » n’est pas amorcée, mais qu’au contraire, le déclin se poursuit ». « La loi n’a pas démérité, mais on ne s’est pas emparé de cet outil, on ne sait même pas le faire marcher, dénonce M. Bougrain-Dubourg. Il n’y a ni les moyens suffisants pour l’appliquer, ni la volonté politique pour porter le changement de paradigme nécessaire. Le gouvernement n’a pas pris ses responsabilités. » Que s’est-il donc passé ? Comme d’autres politiques environnementales – la sortie des pesticides ou la rénovation énergétique – la loi biodiversité semble avoir fait les frais d’un mal bien français en matière d’écologie : la difficulté de passer de la parole aux actes.

Moins de 0,4 % du budget de l’État est consacré à la biodiversité…

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