Cet article du CADE ambitionne de vous faire partager une analyse, un débunkage en règle d’un document, c’est à dire de démontrer point par point les informations produites le 07 mai, lors de la signature d’un Protocole devant entrainer dans le futur proche la signature d’un avenant au Plan de financement du GPSO, mauvaise nouvelle pour les contributeurs financiers que sont les collectivités et contribuables. Pour vous expliquer cette séquence finalement assez intense, voici d’abord une brève rétrospective…
Quel a été l’objectif de cette occupation médiatique bruyante ? A l’évidence, fragilisés par les annonces de désengagement financier de l’Etat désargenté, nos deux amateurs de licornes ferroviaires ont tenté d’occuper l’espace « communication publique », en attendant l’avis du COI ( Conseil d’Orientation des Infrastructures) sur les arbitrages en matière d’Infrastructures de transport. Leur communication a donc porté sur deux intox: le soutien garanti de l’UE, ainsi que sur la viabilité financière d’un GPSO désirable.
De notre côté des nombreuses oppositions, nettement moins agitées et beaucoup plus silencieuses publiquement, les associations (dont le CADE) ont beaucoup travaillé ensemble l’argumentaire financier, communiqué avec l’UE également afin de comprendre ce qui est finançable ou pas et à quelles conditions, et produit des contributions pour des recours (Nous y reviendrons dans un autre article). De son côté, le pôle parlementaire transpartisan (députés et sénateurs) a multiplié les interventions et publications sur la seule alternative finançable : la régénération des lignes LGV existantes.
Le média « Contexte » a fait fuiter le Rapport du COI en avril, provoquant alors la panique des promoteurs de la LGV : en effet, il remettait en cause la pertinence de nouvelles infrastructures ferroviaires telles Sud-Gironde / Dax et Dax / Frontière, reculait les dates éventuelles de faisabilité sans concomitance Bordeaux / Toulouse et Bordeaux / Dax, et annonçait des coûts à la hausse. Les présidents de Région ainsi que de départements, et les nouveaux maires de Toulouse et Bordeaux ont crié à la trahison et demandé des garanties au 1er ministre Sébastien Lecornu. La remise officielle du Rapport par le COI se faisant le 06 mai, c’est seulement le 07 que Lecornu est venu « rassurer » les solliciteurs à Toulouse par la signature d’un protocole. La communication médiatique a alors été massive sur « la relance » du GPSO, avec une expression définitive sensée nous clore le bec : le projet serait « désormais irréversible ». Cependant nous en faisons le constat, et c’est bien du « en même temps », peu de réassurances financières ont pu être actées. Clairement une opération de communication destinée à calmer les bruyants promoteurs du projet, tandis que nous le disons : le compte n’y est toujours pas, le caractère « irréversible » existe d’autant moins que la donne politique pourrait changer en 2027…
Pleins d’espoir et sûrs de notre légitimité, nous avons demandé à être aussi reçus par le 1er ministre lors de sa venue à Toulouse, demande restée sans réponse, mais dont la teneur peut vous intéresser : 16 associations demandent à être reçues par le 1er ministre Courrier-assos-a-Tabarot-2026-04 , vous y retrouverez nos dernières analyses sur cette séquence agitée par le rapport du COI. Et notre communiqué de presse : Communiqué des associations pour demande de rencontre avec le 1er ministre 06 mai 2026
De son côté, le ministre des transports, Philippe Tabarot, a produit un communiqué le 08 mai : COMMUNIQUÉ DE PRESSE officiel de Philippe Tabarot 08 mai 2026 . Nous y avons remarqué ceci : à aucun moment on n’évoque Bordeaux-Dax. C’est Bordeaux-Toulouse qui est dit « irréversible ». Le second volet est l’engagement de l’Etat à rénover le réseau existant à travers « le contrat de performance Etat-SNCF Réseau ».
Nous n’avons évidemment pas été destinataires de ce protocole, d’ailleurs seulement signé par 6 collectivités sur 25 sollicitées pour abonder le Plan de financement; les autres apprécieront, d’autant que certaines avaient auparavant refusé de financer… Mais en ce mois de mai, nous avons aussi une expression, car ce fameux protocole est « tombé du camion » et nous avons pu le lire et le décrypter pour vous. Vous trouverez ici le texte prévu à la signature Copie de protocole d’accord , ainsi que notre débunkage en règle de ce texte Debunkage – remarques sur protocole d’accord relatif au projet de ligne nouvelle du Sud-Ouest .
Bonne lecture , et la lutte continue !
Deux contributions à lire également en commentaire de cette signature de protocole : Lecornu sacrifie les finances publiques pour satisfaire des cadors socialistes – Le show médiatique donné par les porteurs du projet GPSO, accompagnés par le premier ministre, aura valu son pesant de cacahuètes. Le rapport du COI est renvoyé dans les choux. Alors que le réseau existant est en souffrance, et que le gouvernement cherche au bas mot 6 milliards, l’Etat débloque des sous pour satisfaire les deux cadors socialistes d’Occitanie et de Nouvelle Aquitaine. Retrouvez notre analyse dans l’article du blog Mediapart LGVNONMERCI ici : LGV NON MERCI 🚄🙅 – Le site de la lutte contre le GPSO !
