NUCLEAIRE – tensions et communication de l'Agence de Sûreté Nucléaire (ASN)

Journée d’action contre les transports nucléaires : Ce sera les 18 et 19 février, notamment à l’initiative de groupes allemands, mais le territoire français est concerné
http://urantransport.de/wp-content/uploads/2017/01/2017-appel-action-train-uranium.pdf

Préparation Forum mondial texte de présentation du Forum Social anti-nucléaire en préparation en France, prévu pour début novembre 2017 à Bobigny, près de Paris. Ce texte vient d’être adopté par l’assemblée permanente de ce forum, . Il s’ insère dans le processus FSM, dans le respect de sa Charte de Principes et dans l’utilisation de la méthodologie des Forums Sociaux – horizontalité, autogestion, respect de la diversité. Texte_Appel_FSM-AN_Final
Vidéo sur le fonctionnement de l’ASN dans le Loiret (communication de « Sortir du nucléaire »): https://www.youtube.com/watch?v=I0rHpIoCvmM
Capture ASNCommunication de l’ASN, entre problèmes de sécurité et pressions... L’ASN dans son rôle; mais pour nous la question se pose autrement: que font, de tout ce qui suit, les Politiques?… http://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-ASN-juge-que-la-situation-est-devenue-preoccupante-apres-une-annee-2016-difficile-28295.php4#xtor=ES-6
« L’an passé, le contexte était préoccupant à moyen terme. Maintenant, il est préoccupant », alerte Pierre-Franck Chevet, à l’occasion des vœux à la presse.
Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que « la période demande beaucoup d’engagement » de la part de l’ensemble des acteurs du nucléaire. Jusqu’à présent, il avait pris l’habitude de pointer les « sujets sans précédents«  auxquels est confrontée l’Autorité de sûreté. En 2016, de nouveaux sujets ont fait basculer la situation.
Ni déni, ni dépit
L’année 2016 a été marquée par deux événements importants, explique le président de l’ASN. Tout d’abord, la découverte d’une anomalie touchant une dizaine de réacteurs français : des concentrations de carbone trop élevées dans les fonds de certains générateurs de vapeur. Cette anomalie « générique » a imposé leur arrêt. Finalement, « ça se passe plutôt bien », les études de sûreté étant rassurantes, mais « ça aurait pu se passer différemment », explique Pierre-Franck Chevet. Les marges du système électrique auraient-elles permis de passer le pic de froid actuel ? La question mérite d’être posée, estime le président de l’ASN qui se refuse à y répondre : il s’agit d’une question qui concerne l’Etat qui a la charge de la politique énergétique hexagonale, pas l’Autorité de sûreté.
Le second fait marquant est la découverte d’irrégularités dans les dossiers d’Areva. Le fait de mettre de côté des résultats non conformes dans des dossiers barrés « s’apparente à des faux, à des falsifications », martèle Pierre-Franck Chevet, rappelant que la justice est saisie du sujet. « Ce sujet est absolument majeur », poursuit-il, car dans la foulée l’ASN a mis à jour une pratique similaire dans un dossier non barré. Après avoir passé au peigne fin les 400 dossiers barrés découverts au Creusot, l’ASN s’attaque aux 10.000 dossiers concernant les pièces forgées dans l’usine de Saône-et-Loire. Quelque 2 millions de pages doivent être étudiées, ce qui devrait prendre un an.
Ces événements surviennent au mauvais moment, car « les industriels [du nucléaire] sont dans des situations économiques et financières très difficiles », estime Pierre-Franck Chevet qui déplore l’écart entre l’aggravation des enjeux et la baisse des moyens disponibles. Il met en garde les acteurs du nucléaire : il ne faut pas tomber dans le « déni » et dire que « l’ASN en fait trop ». Il dénonce en particulier le comportement de certains anciens employés d’EDF qui l’ont vivement critiqué lorsqu’il a rendu public les défauts de la cuve de l’EPR de Flamanville (Cotentin). Sur ce sujet, il regrette qu’EDF n’ait pas de plan B, d’autant que l’ASN avait explicitement demandé à l’entreprise de prendre en compte une possible non homologation de la cuve lors de son installation dans le réacteur nucléaire. « Ils ont pris un risque industriel », constate-t-il.
Dans ce contexte, l’ASN subit-elle des pressions ? « Des tensions, il y en a », admet Pierre-Franck Chevet expliquant qu’elle proviennent aussi bien des industriels que des associations anti-nucléaires. Il rappelle à cet égard que l’ASN n’est pas complètement fermée à la réalité : « L’ASN est indépendante, mais pas isolée de ce qu’il se passe autour », notamment des enjeux économiques et de sûreté. Si le déni n’est pas de mise, il ne faut pas non plus « sombrer dans le dépit », estime le président de l’Autorité qui appelle simplement les acteurs à poursuivre le travail engagé.
Ces nouveaux sujets s’ajoutent aux enjeux évoqués par l’ASN depuis maintenant plusieurs années. Le premier d’entre eux est le prolongement de la durée de fonctionnement des réacteurs au delà de 40 ans. L’Autorité devrait remettre un avis générique pour les réacteurs de 900 mégawatts (MW) à la fin de l’année 2018 ou dans le courant de l’année suivante. « C’est tout sauf un sujet évident », avertit Pierre-Franck Chevet. En 2019, EDF devrait remettre un premier dossier pour le réacteur 1 de la centrale du Tricastin (Drôme). Le deuxième enjeu est de même nature : une cinquantaine d’installations passent, ou vont passer, leur premier réexamen de sûreté. Il s’agit des installations d’Areva et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui n’y étaient pas soumises jusqu’à maintenant, tels que des réacteurs de recherche ou des installations du cycle du combustible. Parmi elles figurent notamment des installations situées à La Hague (Manche). Vingt à 25 dossiers sont en cours d’instruction et l’Autorité en attend une trentaine supplémentaires cette année. L’enjeu n’est pas anodin puisque c’est à l’occasion d’un de ces réexamens de sûreté que l’ASN a découvert les problèmes de corrosion qui affectent les évaporateurs de vapeur de l’usine de traitement des déchets d’Areva.
Autre sujet d’importance : la mise en œuvre du renforcement de la sûreté des installations décidée suite à la catastrophe de Fukushima. Le sujet devrait occuper les opérateurs des sites et les inspecteurs de l’ASN pendant cinq à dix ans. Enfin, les retards pris par l’ensemble des installations en construction sont aussi un sujet de préoccupation. Ils traduisent « une perte de pratique » de l’industrie nucléaire française, estime le président de l’Autorité. Les industriels doivent réapprendre à construire ces équipements, explique l’ASN qui y voit cependant un enjeu industriel plutôt que de sûreté.
 
 
 
 

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