C’est en septembre que nos amis associatifs des départements sur le tronçon prévu de la Bordeaux-Toulouse se sont émus d’un document préfectoral : « Arrêté interpréfectoral du 01/09/2026 portant prescriptions complémentaires à l’arrêté N° SEN/2026/01/06-455 portant autorisation environnementale concernant les investigations préalables à la ligne nouvelle de trains à grande vitesse Bordeaux-Toulouse ».
Dit comme cela, c’est très hermétique, mais surtout inquiétant : « on » piaffe d’impatience chez les décideurs pour rendre le projet irréversible sur le terrain, quand bien même c’est le flou qui prévaut sur son financement (sauf à ce que les collectivités et les contribuables locaux se retrouvent « vaches à lait »). L’exemple de l’A69 est encore dans toutes les têtes…Mettre les habitants devant le fait accompli. Pour les plus curieux, voici le document qui, malgré des restrictions dues aux conditions climatiques par exemple, n’en reste pas moins le sésame pour les entreprises : c’est une Autorisation environnementale, restrictions ou pas. AIPC_signé_LES INVESTIGATIONS PRÉALABLES À LA LIGNE NOUVELLE DE TRAINS À GRANDE VITESSE
Que pouvions-nous faire que nous n’ayons déjà fait juridiquement ? L’arrêté a été publié le jour même de son exécution. De fait, nous avons été privés de recours. Le 22 août, 13 associations avaient déjà saisi la justice pour demander la suspension de l’autorisation environnementale du 5 février pour 1000 hectares. Les déboisements et libérations d’emprises ne devaient pas débuter avant octobre. Sept associations ont en conséquence déposé un Référé Liberté* le 02/09 pour défendre ce droit auprès de la CAA de Bordeaux. Des coupes d’arbres du triangle boisé de St Jory au Nord de Toulouse ont été réalisées malgré la présence d’opposants. Vous retrouverez cet épisode ici : https://www.instagram.com/lgvnonmerci/p/Dc1SbpxjVRC/?img_index=1
Le 07/09, le juge a rejeté notre demande de Référé Liberté en considérant qu’il n’y avait pas d’extrême urgence à ce jour du fait que la SNCF s’est engagée à ne couper aucune végétation d’ici le 15/09. Un article témoigne pourtant de la situation qui s’en est suivie : « Arbres abattus, zad éliminée… Le chantier de la ligne à grande vitesse entre Toulouse, Bordeaux et Dax a pu commencer plus tôt que prévu, grâce à un arrêté inter-préfectoral. Pris de court, les opposants dénoncent un passage en force. » https://reporterre.net/Cela-fait-mal-au-coeur-les-travaux-de-la-LGV-Bordeaux-Toulouse-debutent-a-marche-forcee
Un marathon judiciaire infernal ! Un nouveau référé liberté a alors été déposé le 13/09, à moins de 48h de la reprise des coupes, pour nouvelle audience possible le 15/09 à la CAA de Bordeaux. Tandis que le Référé environnemental lui-même devait être audiencé au TA de Bordeaux le 17 septembre, reporté au 01/10 ! Les coupes d’arbres pour « libération d’emprises » et autres travaux préparatoires ont ainsi pu continuer…Une ZAD s’est installée sur un terrain privé à Feugarolles pour empêcher ces coupes d’arbres, avec un harcèlement immédiat des Forces de l’ordre au prétexte du risque incendie… qui ne les empêchait pourtant pas de couper par ailleurs. Une nouvelle ZAD s’est alors montée. Zad LGV (@zad_lgv) • Photos et vidéos Instagram
L’association LGVEA communique sur la suite juridique : L’association LGVEA communique
Il n’est pas vain de rappeler qu’à bientôt 50 Mns, le km de LGV vaut un canadair ! Un article de Sud Ouest raconte comment le risque incendie ainsi que les failles financières de GPSO sont au centre de préoccupations d’élus, par exemple dans le triangle du Bazadais, dont les élus revotent contre le projet et le font savoir aux décideurs : Un km c’est le prix d’un canadair
Et c’est cette même Autorisation environnementale qui sévit actuellement en Gironde : les amis associatifs sont sans cesse sur le terrain, surveillant les marquages, auprès des propriétaires contraints comme auprès des machines aveugles et bruyantes qui débroussaillent, coupent et arrachent. Il est difficile de décrire l’accablement qui saisit tous ces défenseurs de l’environnement, les riverains, aux prises avec les travaux préliminaires de cette LGV absurde. Le CADE reste bien entendu vigilant pour la suite, l’actualité politique restant un espoir que stoppe ce projet imposé et insensé… Visiter leur facebook et partager leurs publications est un encouragement pour nos amis girondins : NON LGV 33 | Facebook