L’actuel profil bas d’Enedis

Depuis plus de cinq ans en France, nombre de Collectifs et d’Associations ont dévoilé les insuffisances fondamentales qui ont présidées au développement de ce programme comme ils ont révélé les comportements anti républicains des équipes de pose des matériels (droit de refus de la pose du Linky accordé d’une manière discriminatoire dans le cas de certaines communes et pas dans d’autres).

Une des raisons fondamentales du refus du système Linky repose à la fois sur l’utilisation de CPL entre compteurs et concentrateurs et sur l’utilisation de la téléphonie mobile 2G pour rapatrier les informations collectées par les concentrateurs vers un centre de traitement EDF, tout ceci afin qu’Enedis devienne l’opérateur Big Data tel qu’annoncé par M. Monloubou, Président du Directoire d’Enedis.

Mais bien que cela ne soit pas l’unique raison du refus du système Linky, il est assez étrange de noter que toute tentative de caractériser la réalité des champs électromagnétiques générés par ce système se heurte à une léthargie institutionnelle.

1.       ANSES et CSTB

Conscient de l’importante levée de boucliers provoquée par ce sujet, l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences) et différents organismes ont demandé l’avis de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)

Après un premier avis, en 2016, sur les champs électromagnétiques engendrés par le CPL émis par le compteur Linky, l’ANSES[1] a, en 2017, modifié ce premier avis après avoir demandé au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) de procéder à des expérimentations[2] et recommande « de poursuivre la réalisation de mesures d’exposition in situ dans la bande du compteur Linky » et « de réaliser des simulations permettant d’estimer l’exposition dans une situation de type pire cas (compteur ou câble électrique alimenté en CPL émettant en continu et placé proche d’une tête de lit par exemple) ».

Les points notables du rapport du CSTB concernent le nombre plus important d’émissions de trames CPL que celui annoncé par Enedis et le fait que des logements, non équipés par des Linky, pouvaient recevoir du CPL émis par les compteurs Linky présents dans des logements voisins.

2.       Contestation d’Enedis

Concernant le premier point Enedis a contesté les conclusions du CSTB et a fourni des résultats qui sont issus d’expérimentations faites par Enedis[3] elle-même et non faites d’une manière indépendante, comme le réclame le CRIIREM depuis février 2016[4].

Concernant le second point Enedis, pour amoindrir le constat fait par le CSTB, argumente que le signal émis par des compteurs voisins est atténué par le distance mais se garde bien de donner les résultats des mesures de ce taux d’atténuation.

Or, indépendamment du fait qu’Enedis fait état de résultats de ses propres expérimentations, elle omet tout d’abord de reconnaître que les compteurs LINKY objets de l’expérimentation du CSTB ont été prêtés et programmés par Enedis.

Puis, comme le démontre l’analyse du rapport du CSTB par le Laboratoire de Robin des Toits[5], il semble que l’expérimentation du CSTB n’ait pas pris en compte la totalité du spectre magnétique engendré par, à la fois, le 50 Hz du courant électrique et le CPL entre 30 et 96 KHz.

3.       Omission du CPL émis par les Concentrateurs

Puis, dans ces expérimentations, celles du CSTB aussi bien que celles d’Enedis, on oublie de prendre en compte que, dans la réalité, les signaux CPL sont aussi bien issus des compteurs Linky que des Concentrateurs et qu’aucune des expérimentations faites ne tient compte de ces émissions.

Or nous savons que le Concentrateur pilote les Linky et peut modifier les fréquences d’émission de trames CPL en fonction de la demande.

Ainsi les Linky objets de l’expérimentation du CSTB, comme ceux utilisés par Enedis pour attaquer le rapport du CSTB, ne sont pas représentatifs de la réalité car les champs électromagnétiques qui ont été étudiés, ne sont pas ceux qui seront effectivement endurés lorsque le programme Linky sera opérationnel, Enedis se réservant alors la faculté de piloter les fréquences d’émissions au gré du besoin de l’opérateur Big Data.

4.       Omission du champ électromagnétique téléphonie mobile 2G des concentrateurs

Nous ne devons pas oublier également que les concentrateurs Enedis sont générateurs de champ électromagnétique par leurs liaisons en téléphonie mobile 2G vers les centres d’information EDF et Enedis.

Ces champs s’additionnent aux éventuels champs électromagnétiques des relais de téléphonie mobile 4G et demain 5G.

Lorsque ces concentrateurs sont proches des habitations (dans des postes de transformation HT/BT ou fixés sur des murs) cela devrait faire l’objet de mesures adéquates.

Enedis commence peut être à s’en rendre compte car comme le remarque Next-up certains concentrateurs n’émettant plus en téléphonie 2G mais en étant connectés au réseau filaire[6].

5.       Profil bas actuel d’Enedis

Ainsi on peut imaginer que les champs électromagnétiques actuellement enregistrés ne soient pas ceux qui pourraient être enregistrés lorsque la totalité du déploiement sera opérationnel, Enedis se contentant de faire un profil bas en limitant les trames CPL en minimisant les commandes issues des Concentrateurs.

Cela pourrait peut être lui permettre d’étayer le dossier qu’il doit instruire pour faire appel aux deux décisions des TGI de Toulouse et Tours en montrant que les émissions de trames CPL sont « rares » et redorer son blason dans la sphère publique par des actions médiatiques.

[1] https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2015SA0210Ra.pdf

[2] https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2015SA0210Ra-Anx1.pdf

[3] https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2015SA0210Ra-Anx2.pdf

[4] https://www.criirem.org/wp-content/uploads/2016/02/LetOuv-compteur-com.pdf

[5] https://robindestoits-midipy.org/pdf/En-direct-du-labo/3-analyses-documents/AnalyseRapportCSTB2016-CRD-16v2.pdf

[6]https://stopmensonges.com/wp-content/uploads/2019/09/linky_concentrateur_connexion_reseau_filaire_poste_transformation_mt_bt_uhd_dscn2335.jpg

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