Aviation versus Rail – Un coup de pied dans le vide ? Pas sûr…Les consciences sont en éveil !

2027 est prévue pour être une année électorale – jusqu’ici tout va bien – mais ce qui fâche dans la façon dont l’écologie est traitée ne manque pourtant pas de tentatives pour y remédier…C’est ainsi que sort un article destiné à rappeler que des mutations sont indispensables pour que notre planète continue à tourner rond ! Avion : et si on limitait à deux allers-retours par an ?

Si nous signalons cet article, c’est parce qu’il concerne une prise de conscience – qui s’étend à d’autres que le CADE – que le ferroviaire français est en déshérence tandis que s’intensifient les transports routiers ou aériens, nocifs à l’environnement. Nul doute que l’enjeu de développer le ferroviaire pour une meilleure qualité de vie se trouve en bonne place dans les préoccupations en matière de déplacements, et que cet enjeu programmatique sera surveillé par les défenseurs de l’environnement.

Car nous avons un avis sur le sujet, comme nous le rappelons dans les articles sur l’expansion de l’Aviation, et les dommages collatéraux qu’elle suscite quelle que soit l’énergie qu’elle utilise :  fossile (kérosène), ou issue de la biomasse (matières ligneuses ou agricoles).

© Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP – Ainsi, l’article de Reporterre ose proposer une mesure encore impopulaire : limiter le nombre de déplacements en avion, par personne. Quelques chiffres impressionnants, issus du travail du Forum vies mobiles, caractérisent un transport très inégalitaire :

  • 20% des passagers totalisent 3/4 des vols – 90% des km sont ceux des plus aisés et des plus réguliers dans l’usage – 8/10 français (en moyenne) l’ont utilisé une fois dans leur vie, mais seuls 10% ont effectué plus de 2 AR/an. « Selon ces chiffres, c’est également cette poignée de voyageurs réguliers qui pèse le plus sur l’empreinte carbone du secteur« .
  • Outre la fréquence des vols, l’empreinte carbone d’une personne est caractérisée par la longueur du vol : 12, 5 % seulement des vols pour les longs courriers, mais qui produisent 50% des émissions des GES. Concentration réaffirmée quand 20% des passagers totalisent 90% des distances parcourues: les moins nombreux, mais les plus gros producteurs de GES donc.
  • Si 70% volent moins de 10 fois dans leur vie, 5% seulement font plus de 100 vols (constat qui n’a pas modifié l’essor du low cost).
  • Le transport aérien en France représente 6,4% des émissions de CO2, et a augmenté depuis 2010 de 2,7%. C’est le mode de transport le plus polluant dont les émissions progressent, contrairement aux autres transports.
  • Le concept de sobriété nécessaire ne touche que 15% des gens, nombreux sont ceux qui culpabilisent mais se donnent des justifications dérogatoires au sentiment de culpabilité, arguant de contraintes extérieures ou d’autres conduites vertueuses…

 Ces constats permettent alors une proposition: celle de deux vols A/R par personne et par an, hors déplacements professionnels. Seuls les 10% les plus polluants seraient impactés. Une économie de 5mns de tonnes de GES par an, pour une réduction de 24% des vols. Il apparaît que culpabiliser l’ensemble de la population, dont les plus conscients, est moins productif que de faire porter l’effort par la minorité des usagers intensifs…90% de la population ne serait pas concernés par cette mesure. Sobriété imposée (conférence de presse et étude sur: Forum Vies Mobiles | Guidé par les citoyens, fondé sur la recherche

Que peuvent ces constats pour une telle proposition ? Sans doute, nourrir la réflexion individuelle et collective, et faire progresser l’acceptation de mesures contraignantes à l’échelle du pays, à l’heure où des choix programmatiques se posent lors d’une élection nationale. La voie envisagée actuellement par les décideurs n’est pas celle de la sobriété partagée, mais celle des carburants alternatifs SAF (CAD) produits grâce à la biomasse agricole et au bois des forêts (voir notre article récent). Nous luttons contre cette mauvaise alternative sur le plan environnemental…Pour le CADE, l’enjeu est tel que la sobriété contrainte en nombre de vols par personne mérite votre réflexion, c’était l’objet de cet article.

Il existe un autre levier – Pour clôturer provisoirement cet article, nous vous renvoyons à un Rapport original paru en 2025, qui faisait plusieurs propositions afin de favoriser le ferroviaire – le report modal de l’avion vers le train est un bon objectif : mais comment l’encourager ? Fort d’une analyse, le Réseau Action Climat recommande la fin des niches fiscales aériennes (hors Outre-mer), en augmentant la taxe sur les billets d’avion à un niveau qui compense ces exonérations fiscales.

(https://l.franceculture.fr/O9K) – Cette proposition permettrait de financer trois mesures en faveur du ferroviaire :

  • Offrir un billet de train à tarif réduit à tous les Français. Il s’agit de revaloriser le “billet de congés annuel” créé par le Front Populaire en 1936, en proposant un aller-retour en train tous les ans au prix de 29€ par passager (voir illustration)
  • Relancer (vraiment) le train de nuit, en priorité les lignes entre les régions (ex : Marseille-Nantes, Lyon-Bordeaux, Nice-Strasbourg) et vers l’international (ex : Paris-Barcelone)
  • Baisser les péages ferroviaires pour le TGV, à commencer par les liaisons internationales et transversales (région-région)

LIRE et consulter le Rapport : Pourquoi l’avion est (souvent) moins cher que le train ? Et comment y remédier – Réseau Action Climat

 

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