Pour comprendre comment E-CHO entend se couler dans le PPE3

Pour comprendre comment E-CHO entend se couler dans le PPE3

Le troisième Programme Pluri annuel Français de l’Énergie (PPE3) a été officiellement publié le 13 février 2026[1] . Il sert de feuille de route stratégique au gouvernement français pour la politique énergétique durant la décennie 2026-2035, traçant la voie vers la neutralité carbone d’ici 2050[2].

1.       Rappel : Qu’est-ce que le PPE3 ?

Le PPE3 est l’outil principal pour orienter la politique énergétique française. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large, la Stratégie française pour l’énergie et le climat (SFEC), et est alignée avec la Stratégie nationale à faible émission de carbone (SNBC).

Ses objectifs principaux sont :

  1. Assurer la souveraineté énergétique en sécurisant les ressources nécessaires.
  2. Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
  3. Maintenir des prix d’énergie compétitifs et abordables pour les citoyens et les entreprises.

2.       Orientations stratégiques clés

Le PPE3 marque un changement significatif dans les priorités énergétiques de la France, équilibrant une relance du nucléaire avec un développement « raisonné et réaliste » des renouvelables. Les principaux objectifs pour 2030 et 2035 incluent :

Objectif Référence 2023 (Référence) Objectif 2030 Objectif 2035
Part de l’énergie décarbonée dans la consommation finale 42% 60% 70%
Répartition de l’électricité dans la consommation finale 27% ~34 % (585 TWh) ~39 % (618 TWh)
Répartition des combustibles fossiles dans la consommation finale 58% ~40 % ~30 %
Production totale d’électricité décarbonée 458 TWh 650 à 693 TWh

3.       Objectifs de production par secteur

Le plan fixe des objectifs de capacité spécifiques, parfois ajustés, pour différentes sources d’énergie.

3.1   Énergie nucléaire : une renaissance claire

L’objectif est d’atteindre une production nucléaire annuelle de 380 à 420 TWh entre 2030 et 2035 en optimisant la flotte existante (57 réacteurs) et en portant l’EPR de Flamanville à pleine capacité.

Cela représente une rupture majeure par rapport aux anciens PPE, qui prévoyaient d’arrêter 14 réacteurs. L’accent est désormais mis sur des prolongations de vie au-delà de 40 ans et un programme de construction neuve comprenant six réacteurs EPR2 (la première mise en service est prévue vers 2038).

3.2   Électricité renouvelable : une trajectoire réputée « raisonnée »

Les objectifs pour les renouvelables ont été révisés, parfois à la baisse, par rapport aux projets précédents.

Photovoltaïque solaire : objectif de 48 GW d’ici 2030 et de 55 à 80 GW d’ici 2035, contre environ 30 GW en 2025.

  • Éolien terrestre : objectif de 31 GW d’ici 2030 et de 35 à 40 GW d’ici 2035, avec un fort accent sur la remise en puissance (remplacement des anciennes turbines par des plus puissantes) plutôt que sur de nouveaux projets en développement moderne.
  • Éolien offshore : objectif de 15 GW d’ici 2035, une réduction par rapport à un précédent objectif de 18 GW, que le gouvernement décrit comme un « changement de calendrier » en raison des réalités industrielles.
  • Hydroélectricité : Objectif d’augmenter la capacité de 2,8 GW (soit une augmentation de 11 %) grâce à de nouveaux investissements et des stations de pompage (STEP).
  • Énergie décarbonée non électrique Pour remplacer les combustibles fossiles dans des applications comme le chauffage et le transport, le PPE3 fixe des objectifs ambitieux pour d’autres énergies renouvelables :
  • Chaleur renouvelable : double production pour atteindre 328-421 TWh d’ici 2035, avec un rôle important pour l’énergie géothermique.
  • Biométhane : multipliez la production par six pour atteindre 47-82 TWh d’ici 2035.
  • Biocarburants : Augmenter la consommation dans le transport à 70-90 TWh d’ici 2035.
  • Hydrogène : déployez jusqu‘à 8 GW de capacité électrolyseur d’ici 2035.

4.      Le PPE 3 applique la RED III de l’UE

4.1  RED III : de quoi s’agit-il ?

Dès 2018 l’Union européenne (UE) produisait une directive sur les énergies renouvelables baptisée RED II.

En 2023, l’UE a adopté un amendement de cette directive sur les énergies renouvelables, baptisée « RED III », qui a significativement élevé l’objectif collectif pour la consommation d’énergies renouvelables dans tous les secteurs en Europe à au moins 42,5 % en 2030.

En particulier pour le transport, l’objectif RED III a été augmenté de manière ambitieuse des sous-cibles énergétiques et des options supplémentaires individuelles ont été définies pour les options de constitution des carburants.

Cela a été le cas, en particulier, pour les combustibles renouvelables d’origine non biologique (RFNBO). Comme dans précédente version de RED II, la RED III permet les multiplicateurs, pour certains carburants et leur d’utilisation, lorsqu’ils respectent les objectifs énergétiques.

Cependant, dans la RED III, les RFNBO ont été définis comme des combustibles liquides et gazeux dont la teneur énergétique provient de sources renouvelables, à l’exception de biomasse.

La directive devait être transposée dans la législation nationale des États membres dans les 18 mois suivant sa publication dans le Journal officiel de l’UE. Les États membres doivent obliger les fournisseurs de carburant atteindre les objectifs fixés pour le secteur des transports. Cependant, ils bénéficient d’une certaine flexibilité au niveau national mise en œuvre et peut, par exemple, fixer des objectifs plus élevés pour les fournisseurs de carburant.

On passe à la PPE 3 comme la RED II est passée à la RED III, avec deux ans de décalage accélérée certainement par l’OFATE.

4.2  Mécanismes clés de mise en œuvre

4.2.1.    Flexibilité et révision :

Pour la première fois, le PPE3 inclut une « clause de révision » en 2027 pour ajuster la trajectoire en fonction des besoins énergétiques réels et des tendances de consommation. Les objectifs sont décrits comme des « plafonds indicatifs », ce qui signifie que les volumes de support pourraient être réduits en cas de surcapacité.

4.2.2.    Plan d’électrification :

Un important plan national d’électrification est en cours de lancement pour stimuler l’utilisation de l’électricité dans l’industrie, les bâtiments et la mobilité.

4.2.3.    Impact économique :

La mise en œuvre du PPE3 devrait créer plus de 120 000 emplois supplémentaires d’ici 2030 tout en visant un impact contrôlé sur les finances publiques, avec pour objectif de réduire de moitié le soutien public aux énergies renouvelables d’ici 2040.

5.       Deux secteurs qui nous intéressent : Biométhane et biocarburants

5.1   Biométhane : objectifs ambitieux et nouveaux mécanismes de soutien

Le biométhane devrait jouer un rôle clé dans le remplacement des combustibles fossiles, en particulier dans les secteurs difficiles à électrifier.

5.1.1.    Objectifs de production :

Le PPE3 vise à multiplier la production de biométhane près de dix fois d’ici 2035. Les objectifs sont de 44 TWh d’ici 2030 et de 47 à 82 TWh d’ici 2035, contre environ 9 TWh en 2023.

5.1.2.    Changement de soutien :

L’État privilégiera l’injection dans le réseau plutôt que la production d’électricité (cogénération). Les nouvelles unités de cogénération ne seront plus prises en charge, et les unités existantes pourraient être encouragées à passer à l’injection.

5.1.3.    Nouveaux mécanismes de marché :

Pour atteindre ces objectifs, le plan s’éloignera du soutien budgétaire purement pour se tourner vers des outils basés sur le marché :

  1. Certificats de production de biogaz (Certificats de Production de Biogaz – CPB) : Ce sera le principal mécanisme de soutien pour les nouvelles installations.
  2. Accords d’achat de biogaz (BPA) : Ces contrats directs entre producteurs et grands consommateurs aideront les grands consommateurs à décarboner leur approvisionnement en gaz.
  3. Réaction sectorielle : L’organisme industriel France Gaz a salué l’objectif de 2030 comme réalisable, mais a exprimé son regret que la limite supérieure de la fourchette 2035 n’ait pas été fixée clairement à 85 TWh afin de mieux refléter le potentiel du secteur et de fournir des signaux d’investissement plus forts. Une révision formelle en 2027 permettra des ajustements après 2028.

5.2   Biocarburants : Accent sur la mobilité lourde et les sources avancées

Les biocarburants deviennent un autre levier essentiel pour la décarbonation des transports, en particulier pour l’aviation, la mer et les véhicules lourds de marchandises.

5.2.1.    Objectifs de production :

Le PPE3 vise une augmentation significative de la consommation de biocarburants, visant 70 à 90 TWh d’ici 2035, contre 38 TWh en 2023.

5.2.2.    Passage aux biocarburants avancés :

La stratégie s’éloigne des biocarburants conventionnels de « première génération » qui rivalisent avec les cultures alimentaires. L’accent est désormais mis sur les biocarburants avancés (issus des déchets et résidus) et les carburants synthétiques destinés aux secteurs « difficiles à éliminer » comme l’aviation et le transport maritime.

5.2.3.    Accent sur les cultures intermédiaires :

Tout en limitant l’utilisation des cultures alimentaires, le plan encourage le développement de cultures intermédiaires à des fins énergétiques (CIVE). Ce sont des cultures de couverture cultivées entre les principales récoltes pour alimenter les méthaniseurs, améliorant la qualité des sols tout en fournissant une source durable de biomasse.

5.2.4.    Rôle en agriculture :

L’impact global sur l’agriculture est considéré comme relatif, car la promotion des biocarburants avancés repose davantage sur des procédés industriels spécialisés et la biomasse (y compris les résidus) plutôt que sur des cultures énergétiques dédiées à grande échelle.

5.3   les chiffres clés :

Secteur Référence 2023 Objectif 2030 Objectif 2035
Biométhane (injecté) ~9 TWh 44 TWh 47 – 82 TWh
Biocarburants (consommation) 38 TWh 55 TWh 70 – 90 TWh

6.      Les impacts positifs de la PPE3 pour E-CHO.

Nous avons vu des inflexions dans les objectifs de production d’E-CHO dès la parution de RED III, en particulier des impératifs sur l’utilisation de biomasse ligneuse.

Le PPE3 crée cependant un environnement tant macroéconomique que réglementaire très favorable pour E-CHO, qui avait déjà modifié ses objectifs en 2024, se préparant ainsi à la PPE 3 sur la base de RED III.

Le projet s’est remarquablement aligné avec plusieurs des objectifs fondamentaux du plan.

6.1  Alignement direct avec les objectifs de décarbonation :

Le projet E-CHO est conçu pour produire précisément les types de combustibles que le PPE3 vise à développer. Ses productions — e-méthanol pour le transport maritime et e-biokérosène pour l’aviation — répondent directement aux objectifs du plan pour les biocarburants et les carburants synthétiques dans les secteurs difficiles à éliminer.

6.2  Renforcer les objectifs de biométhane et de biocarburants :

Les objectifs ambitieux du PPE3 pour le biométhane (47-82 TWh d’ici 2035) et les biocarburants (70-90 TWh d’ici 2035) envoient un signal de forte demande sur le marché. En tant que pionnier dans ce domaine, E-CHO est bien placé pour bénéficier des politiques et des mécanismes de soutien conçus pour atteindre ces objectifs.

6.3  Soutien de l’hydrogène :

L’objectif du PPE3 de 8 GW d’électrolyseurs d’ici 2035 est crucial pour E-CHO, car le projet repose sur la production de quantités significatives d’hydrogène à faible émission de carbone (60 000 tonnes/an via son unité HyLaq) comme matière première.

6.4  Souveraineté industrielle :

L’accent mis par le gouvernement sur la réindustrialisation et la souveraineté énergétique, comme souligné dans le PPE3, apporte un solide soutien politique à un projet comme E-CHO qui promet de créer un nouveau secteur industriel français et de réduire la dépendance aux importations.

Le tableau ci-dessous résume comment la production de l’E-CHO s’aligne avec les nouveaux objectifs PPE3.

Volet du projet E-CHO Production principale Objectif PPE3 aligné
HyLacq 60 000 t/an d’hydrogène à faible émission de carbone Capacité d’électrolyseurs de 8 GW d’ici 2035
eM-Lacq 88 000 t/an d’e-méthanol Objectif biocarburants (70-90 TWh d’ici 2035) / Décarbonation maritime
BioTJet 87 000 t/an d’e-biokérosène (SAF) Objectif biocarburants (70-90 TWh d’ici 2035) / Décarbonisation de l’aviation

6.5  Défis potentiels et points de tension

Malgré cette forte orientation, le PPE3 met également en lumière certains des défis et débats clés qui pourraient influencer le calendrier du projet E-CHO[3] et son acceptation sociale.

6.5.1.    Pression des ressources de biomasse :

Le PPE3 fixe un objectif très élevé pour le biométhane (47-82 TWh), qui nécessitera d’énormes quantités de biomasse. Dans sa toute première présentation E-CHO prévoyait d’utiliser 300 000 tonnes de biomasse par an (un mélange de bois forestier, de déchets de bois et de résidus agricoles). Cela la place en concurrence directe pour cette ressource limitée avec d’autres secteurs également encouragés par le PPE3, tels que la chaleur renouvelable et d’autres projets de biocarburants.

Mais cela plaçait un point central dans les critiques du projet.

6.5.2.    La trajectoire « raisonnée » des renouvelables :

L’approche du PPE3 concernant la biomasse devient une arme à double tranchant.

Bien que l’État soutienne l’industrie, la trajectoire « raisonnée » et la création de comités locaux de gestion de la biomasse (Est-ce celui lancé par la Préfecture ?), cela semble indiquer que les pouvoirs publics commencent à prendre conscience du potentiel de conflit et entend réguler l’accès à cette ressource.

La stratégie d’approvisionnement d’E-CHO est à examiner de près.

6.5.3.    Renforcement des arguments contre le projet :

La surexploitation des forêts et le bilan carbone global médiocre lorsque l’on tient compte de la destruction des puits de carbone durant plusieurs dizaines d’années, peuvent désormais devenir des arguments qui prennent de l’importance dans le contexte des objectifs de durabilité du PPE3.

Dans la prochaine enquête publique Il faudra utiliser ces arguments pour argumenter pour que E-CHO représente réellement l’utilisation la plus durable de la biomasse de la région, en particulier avec tous les autres projets environnants NACRE, Biochar, ReStart visant la même ressource.

6.5.4.    le PPE3 fournit l’attrait du marché et la justification politique d’E-CHO, mais il définit aussi les principales contraintes de ressources qui définiront les défis du projet.

Le prochain grand obstacle du projet est l’enquête publique prévue pour 2026. Le débat portera probablement sur la question de savoir si les bénéfices de l’E-CHO

Ce débat portera probablement sur la question de savoir si les bénéfices de l’E-CHO (décarbonation de l’aviation, création d’emplois) l’emportent sur son impact environnemental local (consommation d’eau, pression sur les forêts), un débat que les objectifs de haut niveau du PPE3 ont désormais fait de l’essentiel de l’avenir énergétique de la France.

6.6  Malgré la PPE 3 l’équation pour Elyse Energy reste complexe

L’équation pour Elyse Energy est complexe car traiter de la biomasse sèche ou des résidus agricoles avec des sources de CO2 de « qualités » diverses nécessite des adaptations techniques que l’on n’a jamais analysées.

Il semble que, d’après des « développements récents » et la « stratégie évolutive du projet », Elyse semble résoudre l’équation grâce à une combinaison de flexibilité technique, d’innovation dans la chaîne d’approvisionnement et d’une stratégie d’approvisionnement pragmatique anticipant les contraintes réglementaires.

6.6.1.   Solution technique envisagée : conception flexible des matières premières

Le cœur de la stratégie d’Elyse réside dans la technologie qu’elle a choisie. La technologie BioTfueL®, développée avec Axens, Avril et IFPEN, et utilisant la gazéification PRENFLO de Thyssenkrupp Uhde, est spécifiquement conçue pour la flexibilité.

Mais à l’heure actuelle rien ne détaille cet aspect et les différentes réunions ne semblent pas avoir abordé un tel sujet.

6.6.2.   Focus sur la « biomasse » de seconde génération :

La technologie est conçue pour traiter exactement ce que RED II/III priorise : « matières premières biogéniques de seconde génération telles que le bois résidu, les copeaux de bois, la paille, les résidus forestiers et les déchets agricoles ».

PRENFLO® est reconnu pour sa robustesse et sa capacité à gérer une large gamme de matières premières, ce qui signifie que l’usine peut théoriquement ajuster son mélange en fonction de la disponibilité et de la pression réglementaire.

6.6.3.    Innovation dans la chaîne d’approvisionnement : exploitation des résidus agricoles inutilisés

Elyse devra créer de nouvelles chaînes d’approvisionnement en biomasse en utilisant des matériaux pas encore valorisés.

Il semble qu’en septembre-octobre 2025, Elyse ait démontré la faisabilité de transformer les arrachés de vigne en biomasse énergétique grâce à Eco-Transformation et à la Cave de Gan Jurançon.

Et il semble que rien qu’en Nouvelle-Aquitaine, le détachage de la vigne génère 40 000 à 50 000 tonnes par an de biomasse sèche actuellement « trop souvent brûlée ou laissée en bord des champs ». Cela représente une nouvelle ressource supplémentaire.

La démonstration a validé la faisabilité technique, mais il faut adapter les plans logistiques d’E-CHO pour « déployer la solution à l’échelle » des objectifs d’E-CHO.

6.6.4.   La stratégie des « trois tiers » comme bouclier réglementaire

Elyse maintient pour l’instant son objectif de s’approvisionner dans trois sources (biomasse forestière, résidus agricoles, déchets de bois).

6.6.4.1     Les flux agricoles et de déchets comme priorité :

Le patron d’E-CHO, a explicitement déclaré que « les deux tiers des 300 000 tonnes seront des déchets agricoles ». Cela répond directement à la préférence de RED III pour les résidus plutôt que le bois forestier.

6.6.4.2     Biomasse forestière minimisée et qualifiée :

La portion forestière (100 000 tonnes) ne représente que 1,1 % de la récolte régionale(?) en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, et Elyse insiste sur le fait qu’elle n’utilisera que des « co-produits » de l’industrie du bois, et non des arbres entiers destinés au bois.

6.6.4.3     Flexibilité d’importation en tant que vanne de pression

Elyse a intégré une solution pragmatique aux contraintes locales de ressources ou aux déficiences temporaires :

Environ 20 % de la biomasse forestière (soit environ 20 000 tonnes) serait fournie par les ports de Bayonne ou de Bordeaux.

Elyse indique que cette part d’importation « peut être plus élevée au démarrage ou en cas de perturbations affectant la disponibilité locale ».

Cela offre une résilience face aux tensions locales d’approvisionnement mai reporte la conformité à l’étranger !

6.6.5.    L’argument de la disponibilité des ressources

La disponibilité des ressources reste un point d’achoppement important d’Elyse : ils citent des études indépendantes pour étayer leur argument :

Quatre bureaux d’études distincts ont apparemment conclu que les ressources disponibles sont suffisantes, la disponibilité de la biomasse forestière étant estimée à 827 000 tonnes dans la région — bien au-dessus de la demande de 100 000 tonnes d’Elyse.

Même le rapport critique de Solagro (exigé par le CNDP) ne notait qu’une « légère surestimation » de la méthodologie, et non une pénurie fondamentale de ressources.

6.6.6.   Comment l’équation semble se résoudre

Défi La solution d’Elyse
Restrictions RED/PPE3 sur la biomasse forestière Déplacer le mélange vers 2/3 résidus agricoles et déchets de bois
Solution Créer une nouvelle chaîne de récupération de stock de vignes (potentiel 40-50 kt)
Pression d’approvisionnement locale Tampon d’importation via Bayonne/Bordeaux (~20 % de la portion forestière)
Risque de conformité réglementaire Technologie conçue pour des matières premières hétérogènes et de faible qualité
Confiance des investisseurs Financement de 70 millions d’euros garanti par une garantie de l’État (GPS)[4]

6.7  Conclusion

Elyse résout l’équation en concevant pour la conformité dès le premier jour.

Plutôt que de lutter contre ces contraintes, ils ont :

  1. Choisi une technologie sélectionnée pour des matières premières difficiles
  2. Investi dans la création de nouvelles chaînes d’approvisionnement en résidus agricoles
  3. Maintenu un portefeuille diversifié pour absorber la pression sur une source unique
  4. Opté pour des options d’importation sécurisées comme filet de sécurité
  5. et ils ont soutenu leur approche avec 328 millions d’euros de financement, incluant une garantie d’État inédite

L’enquête publique de 2026 sera la véritable épreuve car les bases techniques et stratégiques semblent soigneusement posées pour résister à l’examen réglementaire, mais il s’agit de bases assemblées sur le papier.

E-CHO est un IA-projet papier élaboré par des bureaux d’étude, qui se heurtera à des impossibilités techniques : nouvelles gazéifications à industrialiser de différentes matières, produit par électrolyse H2, en quantité jusqu’à présent inégalée, suivant des techniques non clairement spécifiées.

Cela semble poser d’une manière plus que fondamentale le réel bilan carbone d’E-CHO en tenant compte de la destruction irrémédiable du puits carbone des forêts.

 

 

 

[1] https://www.sde24.fr/2026/02/27/le-gouvernement-publie-la-troisieme-programmation-pluriannuelle-de-lenergie/

https://www.geothermies.fr/actualites/news/ppe3

https://www.economie.gouv.fr/ppe-3-programmation-pluriannuelle-de-lenergie

[2] https://www.sde24.fr/2026/02/27/le-gouvernement-publie-la-troisieme-programmation-pluriannuelle-de-lenergie/

https://www.geothermies.fr/actualites/news/ppe3

https://www.economie.gouv.fr/ppe-3-programmation-pluriannuelle-de-lenergie

[3] La logique derrière l’accent mis par le PPE3 sur les cultures intermédiaires s’applique directement au projet NACRE, et encore plus qu’à l’E-CHO à certains égards. Si ce projet se concentre sur les cultures de réduction ou les cultures de couverture intermédiaires (CIPAN), sa logique s’intègre parfaitement.

[4] La Garantie des Projets Stratégiques (GPS) est un mécanisme de garantie de l’État français qui aide à obtenir le financement de projets essentiels à la réindustrialisation nationale et à la souveraineté. Sa première candidature concernait les projets BioTJet (E-CHO) et eM-Rhône d’Elyse Energy en novembre 2025, offrant un financement garanti de 70 millions d’euros et portant le financement total du projet à 328 millions d’euros. Cette garantie est une démonstration concrète du soutien de l’État à E-CHO, aux côtés d’autres mécanismes comme France 2030 et le Fonds européen pour l’innovation.

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