Infrastructures de Transport – un Rapport instructif de la Cour des Comptes européenne

Que faut-il retirer de l’important Rapport 2026 de la Cour des Comptes européenne, actualisant celui de 2020 ? Il concerne bien entendu la France comme les autres Etats membres, et se montre intéressant pour nos préoccupations de Grands Projets Inutiles et Imposés, telle la LGV du GPSO : une synthèse officielle est disponible à la lecture sur le lien NEWS-SR-2026-02 | European Court of Auditors . En voici la copie, puis ci-dessous quelques extraits : Résumé Projets de transport européens XXL .

Le titre du résumé est explicite : « Projets de transport européens XXL: attention à la sortie de route » – Secouée par des crises imprévues, la construction d’infrastructures de transport phares en Europe s’enlise et les coûts s’envolent. Les coûts de construction de grandes infrastructures de transport européennes s’envolent / L’objectif de 2030 pour l’achèvement du réseau central de transport ne sera pas atteint. (Malgré les difficultés rencontrées, la Commission européenne n’a utilisé qu’une seule fois le levier juridique principal (mais limité) dont elle dispose pour obtenir des explications sur les retards).

  • Les coûts de construction de grandes infrastructures de transport européennes s’envolent – De nombreux mégaprojets sont plombés par des hausses de coûts. En 2020, les auditeurs relevaient déjà que les huit mégaprojets examinés affichaient une augmentation globale des coûts réels (hors inflation) de 47 % par rapport aux estimations initiales. Cinq ans plus tard, l’écart a presque doublé pour atteindre + 82 % […] (NDLR : nos regards se tournent vers la LGV du GPSO, qui en prend désormais le même chemin)
  • L’objectif de 2030 pour l’achèvement du réseau central de transport ne sera pas atteint. En matière de calendrier, les auditeurs pointaient en 2020 un retard moyen de 11 ans par rapport aux plans initiaux. L’actualisation de 2025 montre que la situation s’est encore aggravée: pour les cinq mégaprojets pour lesquels cette donnée est disponible, le retard moyen atteint désormais 17 ans. L’Y basque, une ligne ferroviaire censée être opérationnelle en 2010 selon le calendrier de départ, puis en 2023 d’après le plan révisé en 2020, ne devrait pas être prête avant 2030 (les promoteurs parlent eux plutôt de 2035) […]

Le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) est l’épine dorsale du réseau européen de transport routier, ferroviaire, fluvial, maritime et aérien. Les mégaprojets, vastes projets de transport souvent transfrontaliers, sont essentiels pour améliorer la connectivité en Europe, éliminer les goulets d’étranglement et faciliter la mobilité transfrontalière. En 2013, les États membres de l’UE avaient convenu que le réseau central RTE-T devrait être achevé en 2030.

Cependant, la révision de la réglementation européenne pourrait aider à éviter certains écueils à l’avenir (le règlement RTE-T de 2024 renforce les capacités de supervision de la Commission, étendant le champ d’application des actes d’exécution à chacun des neuf corridors de transport européens, et non plus seulement aux tronçons transfrontaliers).

LE RAPPORT INTEGRAL Infrastructures transport UE Cour des comptes 2026  –

LES REPONSES DE LA COMMISSION EUROPEENNE Réponse commission européenne   –  Le CADE recommande de lire ces réponses qui montrent un visage peu sympathique de la Commission européenne: car la C.E se dédouane de toute responsabilité interne, minimise l’inflation colossale des coûts, se félicite d’une perspective guerrière quant à l’usage des corridors européens qui serait accélératrice du calendrier, et ne mentionne pas le rôle citoyen des opposants nombreux à ces mégaprojets comme éléments d’incidence sur la réalisation des projets (on pense au Lyon-Turin, par exemple). La Commission européenne ne veut rien en savoir, ni ne remet en cause aucun projet comme générant en soi ses problèmes du fait de sa non-acceptabilité sociale, ni ne veut rien dire d’une réalité: les gens pensent, vivent, ont des avis sur leurs territoires, et – oui – ils luttent pour retarder et empêcher les Projets inutiles et imposés, dont le coût faramineux n’est pas acceptable au regard des autres besoins humains et sociaux.

Bureaucratique, instructif et désolant !

 

Cet article a été publié dans Accueil, GPII, LGV, Route, Transport avec le mot-clé , , , , . Mettre en signet le permalien.

Les commentaires sont fermés.